Dominique de Villepin : sept mois sous le signe de la prudence sociale

Publié le par rezeid

Le Premier ministre promet d'agir « jusqu'au bout » du quinquennat, mais, hanté par l'épisode du CPE, il semble encore plus soucieux de ne pas détériorer le climat social.

La privatisation de GDF est en passe d'être votée sans recours au 49.3 et le budget 2007, certes aidé par une croissance et des rentrées fiscales plus fortes que prévu, est mieux accueilli que les précédents : Dominique de Villepin a jusqu'ici surmonté les deux principaux écueils sociaux de cette rentrée.

Il y a mis pour ce faire toutes les leçons retenues du CPE - écoute, déminage permanent, enveloppes financières -, et entend poursuivre ainsi jusqu'à l'élection présidentielle d'avril-mai. Six mois après la crise dévastatrice du CPE qui a mis fin à son ascension dans les sondages, le Premier ministre promet de continuer l'action « jusqu'au bout », mais il est attentif comme jamais aux fluctuations du climat social.

D'où sa promptitude, ces dernières semaines, à trouver une solution pour les contribuables qui devaient rembourser la PPE, à octroyer une allocation de rentrée pour les étudiants afin d'adoucir la blessure du CPE, et à tempérer les velléités réformatrices de Nicolas Sarkozy, que ce soit sur la carte scolaire ou sur les régimes spéciaux de retraite.

Positionnement « d'équilibre »

Sur la baisse des fonctionnaires qui risquait de mettre le feu aux poudres dans l'éducation, il a déployé une attention toute particulière à justifier ses choix, ministère par ministère (lire page 3). Et, pour les projets à venir, c'est la prudence qui domine tant sur les sujets retenus (participation, dialogue social, tutelles, professionnalisation des études supérieures) que sur la façon de les aborder (concertations, tables rondes...).

Sur le plan des sondages, la stratégie a l'air de payer : Dominique de Villepin regagne du terrain de manière quasi ininterrompue depuis juillet. Sur le climat social également : les syndicats d'enseignants appellent bien à une journée d'action sur le budget aujourd'hui, mais ils ne semblent pas eux-mêmes s'attendre à une forte mobilisation. Toute la difficulté pour le Premier ministre sera, dans cette fin de quinquennat, à montrer qu'au-delà des mots, prudence ne rime pas avec immobilisme.

En attendant, ce positionnement « d'équilibre », comme il le définit lui-même, lui permet de marquer une vraie différence avec Nicolas Sarkozy, sans pour autant donner le sentiment de l'agresser. « Face à un président de l'UMP atlantiste et libéral, nous défendons une ligne gaulliste sur la politique étrangère et marquée par la justice sociale à l'interne », indique un de ses proches, pas fâché au fond qu'après le discours gaulliste et social d'Agen en juin, Nicolas Sarkozy ait éprouvé le besoin, à cette rentrée, de réhabiliter son ambition de « rupture ».

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