Interview de... Thierry Breton

Publié le par rezeid

Comment va l’économie française ?

- Si l’on compare la situation de notre économie au 1er semestre 2006 à celle d’il y a un an, tous les indicateurs sont en amélioration qu’il s’agisse de la croissance et de tous ses moteurs (consommation, investissement, exportations), de l’emploi et du pouvoir d’achat, qui sont les conséquences de cette forte accélération de l’activité ou des finances publiques, enfin revenues sous la barre de 3% de déficit correspondant à nos engagements européens. Cette "expansion" économique, toutes ses dimensions, sont le signe d’une reprise forte, solide et équilibrée.

La croissance atteindra-elle les 2,5% cette année ?

- L’Insee vient de confirmer les excellents résultats du 2e trimestre, avec une croissance à 1,15%. Au total, sur l’ensemble du 1er semestre, le rythme annualisé de croissance a atteint 3,3%.
La première conclusion que j'en tire, c'est que la croissance s’inscrira bien, en 2006, dans la fourchette de 2%-2,5% annoncée, et probablement dans le haut de cette fourchette.

Cette croissance va-t-elle enfin créer des emplois?

- La baisse du chômage et l'accélération des créations d’emplois sont les priorités numéro un du gouvernement. Les résultats sont là et ils sont à la hauteur de notre engagement.
Depuis un an, le taux de chômage a baissé de 1 point, soit près de 260.000 demandeurs d’emploi en moins. Cette baisse du chômage est le fruit de créations d’emplois qui devraient s’élever sur l’ensemble de l’année 2006 à environ 250.000, essentiellement dans le secteur privé.
La croissance est de retour, et c'est cela qui crée des emplois dans notre pays.

D’où vient l’appétit de consommation des Français ?

- La consommation est la "valeur sûre" de l’économie française.
Elle se nourrit bien évidemment des nombreuses créations d’emplois que je viens d'évoquer mais aussi de l'accélération des gains de pouvoir d’achat depuis la mi-2005.
Mais c’est le retour de la confiance des Françaises et des Français dans leur avenir qui soutient avant tout cet appétit de consommation; l’enquête sur la confiance des ménages de l’Insee s’est d’ailleurs nettement améliorée ces derniers mois.

Les entreprises se sont mises à réinvestir. Ce phénomène va-t-il durer ?

- C’est le deuxième moteur de notre économie. Après une pause au premier trimestre -les chefs d’entreprises ayant sans doute été surpris par le regain exceptionnel des exportations-, l’investissement des entreprises a rebondi très fortement au 2e trimestre.
Mais je constate que l’enquête sur les investissements dans l’industrie publiée en fin de semaine dernière par l'Insee souligne l’optimisme des industriels quant à leurs perspectives d’investissement, et laisse espérer une poursuite du rebond au second semestre.

Et les exportations ?

- C’est le troisième moteur de l’économie française qui se remet à fonctionner à plein régime depuis l'été 2005 et accélère même fortement depuis le début de l'année: les exportations françaises ont progressé au 1er semestre sur des rythmes annualisés à 2 chiffres!
J'ai bon espoir que cette dynamique se poursuive dans les trimestres qui viennent, l’amélioration de la conjoncture dans l’ensemble de la zone euro (croissance de +0,9% au 2e trimestre) devant soutenir nos exportations au 2 e semestre.

Quel impact cette croissance retrouvée a-t-elle sur le pouvoir d’achat des Français ?

- Les gains de pouvoir d’achat ont très sensiblement augmenté depuis un an. Surtout, sur l’ensemble de l’année 2006, l’Insee attend une progression du pouvoir d’achat de 2,4%, soit un demi-point au-dessus de la moyenne des 25 dernières années et près d’un point au-dessus de la moyenne de la zone euro!

La dette publique reste le point noir de l’économie française. La croissance va-elle permettre de réduire ce fardeau ?

- En 2005, la France est revenue sous la barre des 3% de déficit public, à 2,9% du PIB précisément, contrairement aux trois autres grands pays européens: l’Allemagne, l’Italie et le Royaume-Uni.
Plus important encore, cette dynamique vertueuse de nos finances publiques se poursuit en 2006 et se poursuivra en 2007, enclenchant une forte baisse du ratio de dette publique (d’au moins 2% du PIB dès 2006).
Ce mouvement est un facteur majeur du retour de la confiance dans notre pays.

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